Réception de la facturation électronique dès septembre 2026 : pourquoi le choix de votre outil de gestion devient un enjeu de conformité légale

La facturation électronique devient obligatoire en France dès septembre 2026 y compris pour la simple réception. Pour les dirigeants de PME, le choix d'un outil de gestion compatible n'est plus une option : c'est une question de conformité légale. Le point sur ce qui change et comment s'y préparer.

Réception de la facturation électronique dès septembre 2026 : pourquoi le choix de votre outil de gestion devient un enjeu de conformité légale
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Gestion d'entreprise
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01/2026
Edouard Gonet
J’aide les entrepreneurs et PME à faire de meilleurs choix d’outils et de systèmes pour construire un business simple, efficace et durable

Mars 2026. Stéphane dirige une agence de communication de 25 personnes. Son comptable l'appelle : "Tu as reçu le mail de notre principal client ? À partir de septembre, ils n'enverront plus que des factures électroniques. Ton logiciel est prêt ?" Silence.

Stéphane utilise un outil de facturation depuis 5 ans. Il pensait être "digitalisé". Il découvre qu'envoyer des PDF par mail, ce n'est pas de la facturation électronique au sens légal.

Cette situation, je la vois arriver chez de plus en plus de dirigeants de PME. Et si vous lisez cet article, c'est probablement que vous vous posez les bonnes questions au bon moment.

#1 Ce que dit vraiment l'échéance de septembre 2026

Commençons par clarifier ce qui va se passer concrètement.

À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA  (quelle que soit leur taille) devront être capables de recevoir des factures électroniques. Pas "dans l'idéal". Pas "si possible". C'est une obligation légale !

Pour l'émission, le calendrier est différent selon votre taille :

  • Septembre 2026 : grandes entreprises et ETI
  • Septembre 2027 : PME, TPE et micro-entreprises

Mais attention : même si vous avez jusqu'en 2027 pour émettre, vous devez pouvoir recevoir dès 2026. Et vos clients grands comptes, eux, n'attendront pas.

Ce qu'est une facture électronique (et ce qu'elle n'est pas)

Un PDF envoyé par email n'est pas une facture électronique au sens de la réforme. Une facture scannée non plus.

Une vraie facture électronique, c'est un fichier structuré (formats autorisés : Factur-X, UBL ou CII) qui transite obligatoirement par une plateforme certifiée. Elle est lisible à la fois par un humain et par un logiciel, ce qui permet son traitement automatique.

Le rôle des plateformes

Point important à retenir : même pour recevoir vos factures électroniques, il vous faudra une plateforme agréée.

Vous avez deux options :

  • Le Portail Public de Facturation (PPF) : gratuit, géré par l'État
  • Une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) : solution privée, immatriculée par l'administration fiscale

Dans les deux cas, vos factures ne circulent plus directement entre vous et vos clients. Elles passent par ces intermédiaires, qui transmettent également les données à l'administration fiscale (c'est ce qu'on appelle l'e-reporting).

#2 Pourquoi votre outil de gestion devient un sujet de conformité

Jusqu'ici, choisir un logiciel de facturation était avant tout une question de confort : interface agréable, fonctionnalités adaptées, prix acceptable. Vous pouviez même vous débrouiller avec Excel et Word si le cœur vous en disait.

Cette époque est terminée.

À partir de septembre 2026, votre outil de gestion doit impérativement :

  • Être connecté à une PDP immatriculée ou au PPF
  • Générer des factures dans un format structuré conforme
  • Permettre la réception et l'intégration des factures entrantes
  • Gérer les nouvelles mentions obligatoires (catégorie d'opération, adresse de livraison si différente, etc.)

Les risques concrets si vous n'êtes pas prêt

Ce n'est pas qu'une question administrative. Voici ce qui peut se passer :

  • Vos fournisseurs vous envoient des factures électroniques que vous ne pouvez pas recevoir → blocage des flux
  • Vos clients grands comptes (obligés d'émettre en e-facture dès 2026) ne peuvent plus vous facturer normalement
  • Des incohérences dans les données transmises à l'administration → risques lors des contrôles TVA
  • Retards de paiement en cascade parce que les factures ne rentrent pas dans votre système

OD vs PDP : une distinction importante

Votre logiciel actuel est peut-être un "Opérateur de Dématérialisation" (OD). Ça signifie qu'il peut générer des factures électroniques, mais qu'il doit obligatoirement passer par une PDP ou le PPF pour les transmettre.

Une PDP, elle, est directement habilitée à faire transiter les factures et à communiquer avec l'administration fiscale.

En clair : vérifiez si votre outil est une PDP immatriculée, ou s'il est connecté à une PDP. Si ce n'est ni l'un ni l'autre, vous avez un problème à régler.

#3 Les questions à poser à votre éditeur dès maintenant

Avant de paniquer ou de changer de logiciel dans l'urgence, prenez 30 minutes pour faire le point. Voici les 5 questions à poser à votre éditeur actuel :

  1. Êtes-vous immatriculé comme PDP, ou connecté à une PDP immatriculée ? (La liste officielle est disponible sur le site de la DGFiP)
  2. Quand votre solution sera-t-elle opérationnelle pour la réception des e-factures ? (Idéalement, vous voulez pouvoir tester avant l'été 2026)
  3. Les formats Factur-X, UBL et CII sont-ils pris en charge ?
  4. Comment se passe l'intégration des factures entrantes dans ma comptabilité ? (Automatique ? Manuelle ? Export vers mon expert-comptable ?)
  5. Y aura-t-il un surcoût ? (Certains éditeurs intègrent la fonctionnalité, d'autres facturent un module supplémentaire)

Si les réponses sont floues ou évasives, c'est un signal. Mieux vaut le savoir maintenant qu'en août 2026.

#4 Comment aborder ce chantier sereinement

Voici une timeline réaliste si vous partez de zéro :

Maintenant à Juin 2026

  • Faites l'audit de votre solution actuelle (les 5 questions ci-dessus)
  • Si changement nécessaire : sélectionnez 2-3 alternatives, faites des démos
  • Prévoyez la migration des données (historique clients, produits, etc.)

Juin à Août 2026

  • Paramétrez votre nouvel outil
  • Formez votre équipe (comptabilité, administration des ventes)
  • Testez avec quelques factures en conditions réelles

Septembre 2026

  • Vous êtes opérationnel pour recevoir les e-factures
  • Vous pouvez commencer à émettre si vous le souhaitez (même si l'obligation n'est qu'en 2027 pour les PME)

L'erreur classique : attendre que "ça se précise"

Je l'entends souvent : "On verra, il y aura sûrement un report" ou "Mon comptable va s'en occuper".

Le calendrier a déjà été reporté une fois (de 2024 à 2026). Les textes sont maintenant stabilisés, les PDP sont immatriculées, la machine est lancée. Attendre, c'est se retrouver dans la situation de Stéphane : à 6 mois de l'échéance, avec un chantier de migration à mener dans l'urgence.

#5 Ce qu'il faut retenir

La facturation électronique n'est plus un sujet "tech" réservé aux grandes entreprises. C'est une obligation légale qui concerne toutes les PME dès septembre 2026 — au moins pour la réception.

Votre logiciel de gestion n'est plus un simple outil de confort. C'est un maillon de votre conformité fiscale. Le choisir (ou le garder) sans vérifier sa compatibilité avec la réforme, c'est prendre un risque que vous pouvez facilement éviter.

Prenez 30 minutes cette semaine pour poser les bonnes questions à votre éditeur. C'est le meilleur investissement que vous puissiez faire pour aborder septembre 2026 sereinement.