
Un matin, la responsable opérations d'une PME B2B de 20personnes m'a appelé, l'air éreinté : "On a des scénarios qui tournent en arrière-plan depuis des mois et personne ne sait qui les a faits. Ce matin, un client n'a pas reçu sa facture." Elle avait bricolé des automatisations entre Airtable, Gmail et Slack. Ça allait tant que tout était simple. Puis une erreur a fait remonter le problème en direct, et là tout s'est arrêté.
Ce cas n'est pas isolé. Dans beaucoup de petites structures, les automatisations commencent comme des gains rapides : un webhook ici, un module là, un script récupéré sur Stack Overflow. Le point de rupture arrive quand la visibilité disparaît, quand une tâche se perd, ou quand une évolution demande de remettre à plat l'infra. À ce moment, l'outil cesse d'être une aide et devient un sujet stratégique.
Deux réponses émergent souvent : Make, qui propose une plateforme cloud prête à l'emploi et axée sur la convivialité, et n8n, qui mise sur la liberté technique et l'auto-hébergement. Make vise à faire entrer vos équipes rapidement dans la logique des scénarios. n8n propose plus de contrôle, de personnalisation et des approches AI natives, mais vous demande de gérer l'infrastructure ou d'accepter une offre cloud différente.
Le choix n'est pas neutre. Prendre la mauvaise option peut transformer une simplification en usine à gaz. Je l'ai vu chez des clients : une solution trop verrouillée bride l'innovation, une solution trop libre finit par peser sur l'équipe IT. Il n'existe pas d'outil universellement "meilleur". Il existe un outil plus adapté à votre stade, à vos compétences et à vos priorités.
Mais si je dois faire un choix pour une PME de 10-50 personne, alors selon mon avis Make est la meilleure option.
Pour comprendre pourquoi, dans cet article, je décortique Make et n8n sur le plan opérationnel : prise en main, coût réel, sécurité, montée en charge et exemples concrets. Mon objectif : vous aider à prendre une décision pragmatique et à éviter les pièges qui transforment une bonne idée en casse-tête.
Avant d'entrer dans le détail, voici l'essentiel pour se positionner rapidement.
Make est une plateforme visuelle d'automatisation centrée sur la rapidité de construction. Elle mise sur un éditeur graphique soigné, des scénarios prêts à l'emploi et des intégrations prêtes à l'usage. L'approche vise les utilisateurs qui veulent composer des automatismes complexes sans écrire de code.
n8n est une plateforme d'automatisation orientée liberté et contrôle. Elle propose un modèle open source et une logique modulaire qui facilite les personnalisation profondes. L'approche vise les équipes techniques qui veulent héberger, étendre ou intégrer des processus avec peu de contraintes.
Make = rapidité de mise en place et expérience utilisateur guidée
n8n = contrôle, hébergement local et personnalisation technique.

Make est une plateforme d'automatisation qui permet de connecter vos outils entre eux et d'automatiser vos processus métier sans coder. Elle s'adresse aux PME qui veulent éliminer les tâches répétitives et fiabiliser leurs processus sans embaucher de développeurs.
L'outil repose sur une logique visuelle de scénarios. Chaque automatisation se construit comme un flux : un déclencheur, des actions, des conditions. Vous voyez le chemin des données d'un outil à l'autre. Les erreurs se détectent en direct. Les modifications se testent avant mise en production.
Je vois régulièrement des équipes récupérer 5 à 10 heures par semaine en automatisant leurs transferts de données avec Make. Les erreurs de saisie disparaissent. Les délais de traitement passent de plusieurs heures à quelques minutes. Les équipes arrêtent de faire le travail des machines et se concentrent sur ce qui demande du jugement.
✅ Vous transférez manuellement des données entre plusieurs outils
✅ Vous avez des processus répétitifs qui font perdre du temps à vos équipes
✅ Vous voulez connecter vos outils sans développer d'API custom
Make convient aux PME qui cherchent à gagner en efficacité opérationnelle sans complexifier leur organisation ni dépendre d'un service IT.

n8n est une plateforme d'automatisation open source qui connecte vos outils et élimine les tâches répétitives. Elle s'adresse aux PME qui veulent automatiser leurs processus métier sans perdre le contrôle de leurs données ni multiplier les abonnements SaaS.
L'outil fonctionne par workflows visuels. Chaque workflow est composé de nœuds (nodes) connectés entre eux. Un nœud peut déclencher une action, récupérer des données, transformer une information ou appliquer une condition. Vous assemblez ces blocs pour créer des automatisations sur mesure.
J'ai vu plusieurs clients remplacer des heures de saisie manuelle par des workflows n8n en quelques jours. L'impact va au-delà du gain de temps. Les équipes arrêtent de faire du copier-coller entre outils. Elles peuvent enfin se concentrer sur des tâches à vraie valeur ajoutée.
✅ Vous avez plusieurs outils qui ne communiquent pas entre eux
✅ Vous voulez automatiser des processus complexes (avec conditions, boucles, transformations)
✅ Vous préférez héberger vos automatisations en interne (self-hosted)
✅ Vous avez un minimum de compétences techniques en interne ou pouvez vous faire accompagner
n8n convient aux PME qui cherchent une alternative open source aux outils comme Zapier ou Make. L'outil demande un peu plus de temps de prise en main, mais offre une flexibilité et un contrôle que les solutions propriétaires ne permettent pas.
Avant d'analyser ce qui distingue Make de n8n, il est utile de regarder ce qu'ils partagent. Ce sont ces fondamentaux communs qui les placent parmi les solutions de référence en matière d'automatisation pour les PME.
🤝 Des plateformes d'automatisation matures : Make (anciennement Integromat) et n8n sont des outils éprouvés, utilisés par des milliers d'entreprises dans le monde. Vous ne misez pas sur une solution expérimentale. Les deux proposent une infrastructure stable, des mises à jour régulières et une documentation technique solide.
🤝 Un éditeur visuel accessible : les deux outils reposent sur une interface graphique où l'on glisse-dépose des modules ou des nœuds pour construire des workflows. Pas besoin d'être développeur pour connecter des applications entre elles. Le code reste une option, pas une obligation.
🤝 Un large catalogue de connecteurs : Google Workspace, Slack, Airtable, HubSpot, Notion, Stripe, Shopify. Les deux plateformes intègrent des centaines d'applications populaires. Vos outils actuels sont très probablement compatibles.
🤝 Une gestion avancée des workflows : les deux permettent de créer des automatisations complexes. Conditions, boucles, transformations de données, gestion des erreurs. Vous pouvez aller bien au-delà d'un simple transfert de données d'un point A à un point B.
🤝 Webhooks et API pour les cas spécifiques : Make comme n8n supportent les webhooks et les requêtes HTTP personnalisées. Si un connecteur n'existe pas, vous pouvez créer vos propres intégrations ou déclencher des actions via API.
🤝 Une communauté active et des ressources partagées : forums, templates, tutoriels, vidéos YouTube. Les deux plateformes bénéficient d'une communauté engagée qui partage des cas d'usage, des exemples de workflows et des solutions à des problèmes courants.
🤝 Une tarification transparente et évolutive : les deux proposent un modèle de prix basé sur l'usage (nombre d'opérations ou d'exécutions). Les grilles tarifaires sont publiques, et vous pouvez commencer petit avant de monter en charge.
🤝 Une approche sérieuse de la sécurité : chiffrement des données, gestion des accès, conformité RGPD. Les deux outils prennent au sérieux la protection des informations sensibles qui transitent dans vos automatisations.
En résumé : choisir entre Make et n8n, c'est choisir entre deux solutions robustes qui partagent une vision commune de l'automatisation. La vraie question n'est pas « lequel est le meilleur », mais « lequel correspond le mieux à votre infrastructure, à vos compétences techniques et à vos contraintes budgétaires ».
Make et n8n affichent des approches tarifaires radicalement opposées. Le premier facture à l'action, le second à l'exécution complète. Cette différence de modèle impacte directement votre façon d'anticiper les coûts.
Make fonctionne sur un système de crédits. Chaque action dans un scénario consomme un crédit : lire une ligne Google Sheets, envoyer un email, mettre à jour un CRM. Les plans démarrent à 9 €/mois pour 10 000 crédits, puis 16 € (Pro) et 29 € (Teams). Un scénario complexe avec 10 actions par exécution consommera 10 crédits à chaque déclenchement.
n8n adopte une logique inverse. Vous payez par workflow exécuté du début à la fin, peu importe le nombre d'étapes qu'il contient. Un workflow simple ou un workflow avec 50 opérations coûtent le même prix. Cette approche favorise les automatisations complexes sans pénaliser la sophistication.
Sur le papier, n8n paraît donc plus avantageux pour les workflows lourds et multietapes. Make devient rapidement coûteux si vos scénarios enchaînent beaucoup d'actions. À l'inverse, pour des automatisations légères et fréquentes, Make peut rester compétitif.
Les deux outils proposent des utilisateurs illimités sur tous les plans payants. Vous ne payez pas par membre d'équipe, mais par volume d'activité. C'est un point important pour les équipes qui grandissent.
Make offre une version gratuite limitée (1000 crédits/mois, 2 scénarios actifs). n8n propose une édition communautaire auto-hébergée, sans limite de workflows, mais qui demande des compétences techniques pour l'installation et la maintenance.
Le vrai écart se creuse à l'usage. Si vous automatisez des processus métier complexes avec de nombreuses étapes, n8n devient rapidement plus rentable. Si vos workflows restent simples ou que vous préférez une gestion cloud sans configuration, Make conserve un avantage en termes de simplicité budgétaire.
En résumé : l'arbitrage ne se fait pas uniquement sur le prix d'entrée. Il dépend de la complexité de vos automatisations et de votre appétence technique. n8n récompense les workflows sophistiqués. Make offre une prévisibilité plus immédiate, mais peut coûter cher à grande échelle. L'outil le plus rentable est celui qui correspond à votre volume réel d'opérations.
Tout au long de cet article, j'ai pris soin de souligner les différences entre Make et n8n. En réalité, ce sont deux excellentes solutions et vous ne ferez pas d'erreur majeure avec l'une ou l'autre. Si vous hésitez encore, voici ma recommandation finale.
La raison principale tient à la réalité de vos ressources. Dans une PME de cette taille, vous n'avez souvent pas d'équipe technique dédiée. Les automatisations sont portées par des profils opérationnels. Une responsable admin, un chef de projet, parfois un commercial technique. Ces personnes ont besoin de résultats rapides sans passer des jours à comprendre Docker ou à gérer un serveur.
J'ai vécu ce cas il y a six mois avec une entreprise de conseil RH de 22 personnes. Le DG voulait automatiser la collecte de candidatures, leur tri dans Airtable et l'envoi de confirmations personnalisées. Un développeur freelance lui avait proposé n8n. Sur le papier, tout était là. Open source, flexible, moins cher sur le long terme.
Le freelance a monté l'instance, configuré les workflows, formé la responsable RH. Puis il est parti sur un autre projet. Deux semaines après, un bug est apparu sur l'envoi d'emails. La responsable RH a tenté de corriger. Elle a cassé un nœud, puis deux. Elle m'a appelé.
Nous avons basculé sur Make en 48 heures. L'interface visuelle a permis de reconstruire le scénario sans toucher à une ligne de code. Les templates ont accéléré la mise en place. Un mois plus tard, la responsable RH avait ajouté trois nouveaux scénarios sans aide extérieure. Pour une PME, cette autonomie fait toute la différence.
En résumé : Make et n8n sont deux très bons outils. Pour une PME de 11 à 50 salariés, je recommande Make pour sa rapidité d'adoption et son autonomie opérationnelle. Le meilleur outil d'automatisation reste celui que vos équipes maîtrisent vraiment.
Quelle est la principale différence entre Make et n8n ?
Make est une plateforme SaaS clé en main, riche en intégrations natives et orientée vers la mise en œuvre rapide d'automatisations visuelles. n8n propose une approche plus orientée développeur : open-source, auto-hébergeable et hautement extensible via du code. En bref, Make privilégie l'expérience utilisateur et la productivité immédiate ; n8n privilégie le contrôle, la personnalisation et l'absence de verrouillage fournisseur.
Quel outil est le plus facile à prendre en main entre Make & n8n ?
Make est généralement plus simple à prendre en main pour des utilisateurs non techniques grâce à son interface guidée et ses nombreux templates et intégrations prêtes à l'emploi. n8n demande un peu plus d'expertise technique pour tirer parti de ses capacités (installation, gestion d'hébergement, création de noeuds personnalisés), mais offre plus de liberté une fois maîtrisé.
Make ou n8n : lequel choisir pour une PME B2B ?
Pour une PME B2B de 11 à 50 salariés, Make est souvent le meilleur choix : déploiement rapide, intégrations prêtes à l'emploi et support SaaS réduisent les frictions d'adoption. Choisissez n8n si vous avez des contraintes fortes d'hébergement, des besoins d'intégration très spécifiques ou une équipe technique capable de maintenir une instance auto-hébergée. Globalement, si le critère prioritaire est la vitesse de mise en production et la simplicité, optez pour Make.
Chaque activité a ses contraintes et ses objectifs. Si vous avez besoin d’un avis personnalisé ou d’un coup de pouce pour sélectionner la solution la plus adaptée, contactez-nous : on vous aide à faire le bon choix, sans jargon et sans perte de temps.